dimanche 18 janvier 2009

Intermède enneigé


Quel surprise quand j'ai ouvert mon rideau depuis mon lit ce matin et que j'ai vu les gros flocons qui tombaient en virevoltant sur le campus. D'autre se seraient retourné dans leur couette pour replonger dans leurs rêves ensoleillés, mais moi, j'ai bondit de mon lit !





Il y avait déjà beaucoup de neige sur le sol ces derniers jours, mais la surface commençait à se faire un peu dur, et le sol glacé...



Hier, j'étais allée me promener dans Boston pendant que Carole et Scott visitaient l'aquarium. J'avais arpenté le charmant quartier de Beacon Hill aux airs de Monmartre, traversé le grand parc qui s'étend au milieu de la ville et où une patinoire a été installée pour l'hiver et je m'étais aventurée sur le Charles (fleuve bostonien) gelé.








Ce matin, je suis sortie un peu en avance pour mon brunch, pour avoir le temps de profiter du plaisir d'être la première à marcher sur ce sol cotonneux, me sentir pionnière dans l'exploration de la colline enneigée et prendre quelques photos. Décidément, j'aime la neige. Quand une telle épaisseur est fraichement tombée, je ne peux résister à l'envie de gambader, faire des boules de neiges, des glissades, d'attraper les flocons avec ma langue.





On a beau se plaindre du froid glacial, de la grisaille, de la pluie, c'est tout de même bien agréable d'avoir de vraies saisons, de se retrouver par dizaines en haut de la colline pour faire des concours de luges improvisées sur les plaetaux de la cantine, ou de saut sur des tremplins fraichement bâtis, puis de rentrer au chaud dans sa chambre enlever ses chaussettes mouillées et boire un chocolat....

samedi 17 janvier 2009

Episode 3: Washington here we are !

Pannonceau indiquant l'aménagement du site pour l'inauguration d'Obama - Washington, 3 janvier 2009

Samedi 3 janvier - 7h00

Après une courte nuit dans un train miteux, semblable à nos plus sombres RER français, bercées par les bruits de reniflements peu discrets et de toux à s'en décrocher la plèvre, nous sommes enfin arrivées à Washington, fatiguées, non préparées à cette escale surprise, sans lieu où dormir ni assurance de pouvoir avoir un jour un transfert vers Chicago.

Mais notre efficacité redoutable nous a permis de reprendre les choses en main en l'espace de quelques heures. Nous avons même pris le temps de petit déjeuner dans la grande et belle gare de Washington et de faire connaissance avec une vieille dame un peu perdue. Elle ne payait vraiment pas de mine avec sa casquette 'Jesus be with you', ses longs cheveux blancs mal peignés et ses gros sacs qu'elles trainait derrière elle. Elle était très curieuse de savoir où l'on comptait dormir, comment on avait trouvé, et si elle aussi avait le droit de dormir dans une auberge de jeunesse. Malgré toute la bonne volonté que l'on a mis à lui répondre, elle n'avait pas l'air de comprendre tout ce qu'on lui disait.

Un peu difficile de dire si c'était une sans abri, une mamie évadée de sa maison de retraite ou une routarde un peu égarée... Mais la tristesse se lisait dans ses yeux. Première rencontre, première expérience.

Carole et la dame à la casquette - Washington, 3 janvier 2009

Nous sommes ensuite allées poser nous lourdes valises à l'auberge de jeunesse que nous avions trouvée sur internet. Ce qui est intéressant avec les auberges, c'est qu'il y a de tout. Il faut donc toujours s'attendre à quelques surprises, bonnes ou mauvaises. Celle-ci était semble-t-il la dernière dans laquelle il restait de la place pour le soir même.
Nous sommes arrivées dans un charmant petit quartier résidentiel sous un soleil radieux malgré le froid hivernal. Il nous a fallu traverser un marché aux puces orné de dizaines de trapeaux américains sur lequels quelques légumes de saison semblaient s'être égarés, passer devant une église aux vitraux aux couleurs éclatantes et longer de jolies maisons aux jardinets proprets.

Colors' power - Wahington, 3 janvier 2009

Vitraux - Wahington, 3 janvier 2009

Marché aux fruits - Wahington, 3 janvier 2009

Marché aux puces - Wahington, 3 janvier 2009



Puis, nous sommes enfin arrivées à notre auberge de pélerins (Pilgrim House, tel était son nom), toute aussi charmante que les maisons alentours, avec un petit jardinet décoré de panneaux et sculptures appelant au pacifisme. A l'intérieur, même décor: un joli petit salon chaleureux, des chambres impeccables, des gens calmes et polis, et la possibilité d'assister à l'office le lendemain matin à 7h30. Pas de folie, donc, mais tout ce qu'il faut pour passer une bonne et douce nuit.




Nous avons ensuite profité du beau temps pour nous promener longuement sur les grands espaces de la ville. Washington fait partie de ces endroits qui ont une âme, qui transmettent une ambiance. Les bâtiments administratifs sont très imposants, à tel point que l'on se sent tout petit à côté. Humbling feeling, diraient les Américains: sentiment d'humilité.

Cour suprême des Etats-Unis, 3 janvier 2009

Library of Congress - Wahington, 3 janvier 2009


L'énorme capitole, l'immense pelouse menant à l'obélisque, les axes de symétrie partageant l'espace, les grands espaces ouverts où l'on voit à perte de vue...




On peut trouver ça apaisant, impressionnant, et aimer cette atmosphère si particulière.
Pour ma part, je m'y sentais un peu mal à l'aise. Comme si je n'avais pas vraiment ma place dans ce monde de géants. Comme si mes pas se perdaient dans l'immensité. Trop de calme, trop de silence, trop de recueillement. J'avais envie de courir, de sauter, de crier, mais j'avais l'impression qu'une force invisible, presque religieuse, me l'empêchait.



Devant le capitole, 3 janvier 2009



Nous avons visité le très beau jardin botanique (qui ne vaut toutefois pas celui de Berlin), pénétré la belle Library of Congress, aperçu la maison blanche (qui est un peu décevante, perdue dans un foisonnement d'arbres et de buissons), posé devant le FBI et visité le musée d'art moderne. (Très beau musée aux collections très fournies: du folk art Américain à l'art contemporain en passant par l'art Indien et la photographie.)







Réunion tricot dans la cour du musée - Wahington, 3 janvier 2009

Nous avons quitté Washington le lendemain en début d'après midi, sans n'avoir une seule fois eu à regretter un instant cette escale imprévue!


PS: Vous avez été gâtés en terme de photos, profitez-en car je ne suis pas sure d'avoir toujours le temps d'en mettre tant en ligne... !

mercredi 14 janvier 2009

Episode 2: Le drame

Winter Wonderland - Washington, 3 janvier 2009

Comme prévu, je suis passée à la gare afin de retirer mon rail pass fraichement acheté sur internet (pour la modique somme de 400$), notre saint graal afin d’accéder aux trains qui devaient nous mener d’un bout à l’autre du pays.

Je me suis rendue le cœur léger vers la guichetière Amtrak (nom de la principal compagnie ferroviaire américaine, la gestion des voies de chemin de fer n’étant pas privatisées) , prenant mon plus bel accent bostonien :

- Bonjour madame, je viens récupérer mon rail pass que j’ai acheté sur internet il y a quelques jours.

- Très bien, montrez-moi votre réservation

[ … blabla et formalités, signature de papiers puis obtention du fameux pass]

- Savez-vous déjà quel sera votre premier trajet mademoiselle ?

- Bien sûr, je pars pour Chicago demain matin !

- Demain … hum… laissez-moi voir ça …

- Voir quoi ?

[Attention aux âmes sensibles, c’est à ce moment que ma vie a basculé]

- Ah non non, je suis désolée, ça ne va pas être possible, le train est complet. Par contre, vous pouvez partir pour Chicago dans 6 jours.

- Quoiiiiiiiii ? Plus de place ? C’est une blague, caméra caché, surprise-surprise ? Je dois partir demain pour Chicago, c’est juste sans discussion possible ! J’ai dépensé toutes mes économies depuis que j’ai 8 ans pour pouvoir prendre votre train miteux, j’ai vendu des muffins à la kermesse de mon université, je me suis retenue d’acheter des cookies pendant au moins deux jours pour sauver quelques dollars, j’ai rackété le père noël et corrompu ses rennes, et vous me dites qu’il n’y a plus de place ?!!! J’ai un voyage organisé au jour près, d’une durée de 12 jours des auberges réservées et même payées, et vous me dites que je ne peux pas partir avant 6 jours? Je n’ai pas mangé depuis ce matin, et je suis fatiguée, et ma valise pèse 30kg, et Carole m’attend à l’auberge et je n’ai aucun moyen de la joindre, et mes parents ont cru qu’une fois, dans ma vie, je pourrais être organisée et prévoyante, et doudou consciencieux il croit en moi aussi. Vous brisez mes rêves, vous condamnez ma vie, vous compreneeeeez ??? Vous avez un cœur vous aussi, non ? Alors maintenant je fais quoi moiiiii ?

Et c’est ainsi que, après un aller-retour express à l’auberge (où j’ai juste eu le temps de payer ma nuit avant de repartir et ne finalement ne pas y dormir…) pour récupérer Carole qui était déjà couchée, à demie assoupie et absolument pas au courant du drame qui se tramait, appeler Estelle qui devait arriver sous peu pour lui dire de ne plus bouger et de nous attendre, une nouvelle cavalcade dans le métro avec nos énormes valises, et plus d’une heure de discussions ininterrompues avec la guichetière démunie face à tant de détresse, nous nous sommes retrouvés au milieu de la nuit dans un train miteux façon RER vers… Washington !

Le drame - Boston, 2 janvier 2009

Faire bonne figure - Boston, 2 janvier 2009

La jeune femme avait en effet jugé que c’était l’unique solution pour nous rapprocher un tant soit peu de Chicago et d’espérer l’atteindre un jour (sans toutefois pouvoir nous garantir quoique ce soit)

Capitole (limited) - Washington, 3 janvier 2009

mardi 13 janvier 2009

Retour, le vrai

Me voilà enfin revenue à la case départ. Ou presque. A l'une des cases, en tout cas, dans ma chambrette bostonienne. Pour reprendre le rythme de mon blog en douceur, je vous propose un récit de mon voyage hivernal en épisodes, façon roman-feuilleton. J'essaierai de poster au moins tous les deux jours, et d'accompagner mes lignes de photos chatoyantes. C'est parti ... !


A bord du Sunset Limited - et autres romances -

Twilight Skyline - Chicago, 12 janvier 2009

Episode 1: Des débuts cahotiques

Ayant pris conscience de la futilité de vacances à Miami, ayant une soif profonde de découverte et de culture, ayant l’âme routarde d’avantage que fêtarde (si si, on y croit), Estelle, Carole et moi-même avions élaboré le fou projet de traverser les États-Unis en train, du Nord au Sud, pour un voyage aventureux et authentique, une véritable aventure humaine, une découverte culturelle sans précédent. Pour découvrir l’Amérique, la vraie. Celle des paysans, des cultivateurs, de Wall Mart et des électeurs républicains. Celle de la musique, aussi. Plus de 3500 km, entre Chicago et les terres arides de Houston à travers des régions traditionnellement marquées par la culture musicale, du Chicago Symphony Orchestra au Jazz de la Nouvelle Orléans, via le Blues de Beale Street à Memphis. L’idée était également de profiter des longues heures de train pour observer les fermes, les plantations, les petites villes aux églises en bois, les demeures ancestrales aux vastes vérandas, les régions post-industrielles.

Scène américaine - Chicago, 12 janvier 2009

Malgré notre organisation méticuleuse et notre anticipation certaine, les choses ne se sont pas tout de suite exactement passées comme prévu. En effet, le départ de Boston nous a réservé quelques surprises et une belle frayeur.

Alors que je venais de passer de longues et tristes heures dans l’avion depuis Paris, je me réjouissais à l’idée de retrouver Estelle et Carole dans la chambre de l’auberge de jeunesse que nous avions réservé à Boston avant de prendre le train le lendemain pour Chicacago. Horairement décalée, et sous-alimentée sur mon vol affrété par Iceland Air j’avais bien besoin d’une copieux dîner et d’une longue nuit réparatrice. Traînant ma lourde valise dans les couloirs du métro depuis l’aéroport, je souriais à l’idée du confort prochainement retrouvé. Mais les choses n’allaient pas du tout se passer comme je l’entendais….



Horizon, aventure et sensation - Vol Paris-Boston, 2 janvier 2009